‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 108 sur 324 · T. I, p. 368-369. — C'était là un thème souvent traité · texte numérisé non relu

T. I, p. 368-369. — C'était là un thème souvent traité

4. T. II, p. 291. — Voyez aussi t. II, p. 123, la descriplion de la chambre particulière du duc.

Vallombreuse, amoureux à la folie d'une comédienne, nommée Isabelle, qui lui résistait avec la plus ferme vertu, avait fait le projet de l'enlever pendant cette expédition supposée, au moyen d'une escouade de spadassins à gages, action par trop énorme et violente, capable de mal tourner, la jeune fille étant accompagnée d'amis qui n'allaient pas sans armes {Cap. Fracasse, t. II, p. 298).

Gautier a très certainement imité la phrase du xvii® siècle commençant, époque où Vaugelas enseignait qu'il n'y avait jamais trop de qui et de que dans une période. Sainte-Beuve, dans Volupté., lui en avait donné l'exemple.

CONCLUSION

« Trois choses me plaisent, écrivait Gautier dans la préface de Mademoiselle de Alaupin, l'or, le marbre et la pourpre : éclat, solidité, couleur. » Il disait aux Goncourt : « tout me paraît plat. Mes articles les plus colorés, je trouve ça gris, papier brouillard. Je f... du rouge, du jaune, de l'or, je barbouille comme un enragé, et jamais ça ne me paraît éclatant» (Goncourt, Journal, 5 mars 1857, t. I, p. 132).

Ces éloges — car ce sont là des éloges que se donne Gautier — sont vrais de ses articles de journal et du Capitaine Fracasse comme de ses autres œuvres. Mais ici Gautier ne coule pas sa pensée dans l'airain et ne la grave pas sur le marbre : nous avons affaire au brillant causeur que nous ont décrit ses contemporains. Quand l'occasion le permet, il donne même carrière à son goût « pour les expressions macaroniques », qu'il avait tant de plaisir, suivant Delacroix \ à faire chatoyer et miroiter devant les yeux des auditeurs. Assagi par l'âge, mais resté accueillant aux jeunes, il tint école de langue et de style pendant de longues années ; son influence, plus discrète que celle de Hugo, n'en est pas moins réelle, et s'est peut-être exercée de façon plus durable et plus profonde. Alors que Hugo apostrophait Vaugelas et Lhomond, mettait un bonnet rouge au Dictionnaire, l'ancien «Vaillant de 1830», sans renoncer à aucune des conquêtes de la Révolution romantique, enseignait le respect de la langue pour la dignité de l'art^.

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