Diaboliques, p. 209 (il s'agit de dépeindre un whist
3. Id., p. 192. — C'est Barbey qui souligne (notons aussi l'excuse : « que j'appellerai presque à transpiration rentrée »).
deux hommes, nous est ainsi présentée : « Mais — fis-je, preste comme un coup de raquette — // me renvoya mon volant» {Id., p. 32).
Manquant d'imagination naturelle, Barbey tombe souvent dans la bizarrerie. 11 nous présente, dans un salon, un cercle d'hommes et de femmes : « C'était une espèce de bracelet vivant dont la maîtresse de la maison, avec son profil égyptien, et le lit de repos sur lequel elle est éternellement couchée, comme Cléopâtre, formait V agrafe» {Id., p. 190). — Barbey introduit ainsi « le plus étincelant causeur du royaume de la causerie» : «La médisance ou la calomnie, ces Ménechmes, qui se ressemblent tant qu'on ne peut les reconnaître, et qui écrivent leur gazette à rebours, comme si c'était de l'hébreu (n'en est-ce pas souvent?), écrivaient en égratignures qu'il avait été le héros de plus d'une aventure» {Id., p. 191).
La recherche de l'expressivité à tout prix aboutit enfin à ce que j'appelle «préciosité», un mélange d'originalité superficielle et de banalité foncière. A Port-Vendres, le vent « passe sur la sueur sans la sécher et semble lécher les nerfs avec une langue de tigre »^. Pour le major Ydow, « sa femme était encore moins un piédestal à sa vanité qu'âne échelle à son ambition m^. (M. de Karkoël) «couronna d'une pierre de plus Vobélisque, depuis longtemps mesuré, que ce roi du whist s'était élevé dans les discrètes solitudes de son orgueil» {Id., p. 207). « Cette boue d'un crime lâche qui n'avait pas eu le courage d'être sanglant, je n'en ai pas une seule fois aperçu la tache sur Vazur de leur bonheur ! ^ » Un médecin, né violent, était devenu, « à force de nerfs, éolien d'impression par sa délicatesse de femme , mais quelle colophane il avait passé sur ses chanterelles nerveuses pour les adoucir jusqu'à la plus étonnante suavité !*» La voix, c'est : «ce ciseau d'or avec lequel nous sculptons nos pensées dans l'âme de ceux qui nous écoutent et y gravons la séduction» {Diaboliques, p. 205). Barbey nous dépeint un « de ces brisements de cœur qui ne rendent qu'un bruit sourd, comme celui àhin corps tombant dans V abîme caché d'une oubliette, et par-dessus lequel le monde met ses mille voix ou son silence» {Id., p. 191).
Tous les défauts que les théoriciens du xvii^ siècle reprochaient aux Cathos et aux Madelon se retrouvent chez Barbey. Il accumule imprudemment les métaphores. La Rosalba, dans une dispute avec son mari, lui affirme — c'est d'ailleurs faux — qu'elle a aimé un homme : « elle