‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 137 sur 324 · Id., p. 40 (date · texte numérisé non relu

Id., p. 40 (date

Son attitude provocante Que nul art ne pourrait singer Rendrait vestale la bacchante Du statuaire Clésinger

(Id., p. 12 ; date : 1852).

La strophe 16 de Bûchers et Tombeaux n'a pas moins de sept variantes.

Le point de départ a été évidemment la rime macabre : (cheval qui se) cabre. Gautier, comme rimes masculines, a essayé chevalier : sablier. L'expression : «il montre le sablier» était faible; «il retourne le sablier» ne valait guère mieux ; une tentative pour substituer destrier à, «cheval» ne l'a point satisfait.

11 a changé ses rimes masculines : roi jeffroi.

II traîne à la danse macabre L'empereur, le pape et le roi, Et du destrier qui se cabre Jette à bas le preux plein d'effroi.

Il renonce alors à ses rimes féminines :

Et pose sur son crâne jaune La couronne arrachée au roi Qui se retient au bras du trône, Et qu'il entraîne plein d'effroi.

Nouveau sacrifice :

Ajustant à son crâne jaune Couronne, tiare ou cimier.

Il racle ses vers sur le trône, Fier comme Job sur son fumier.

Puis il abandonne ses quatre rimes :

Malgré les clefs et la tiare.

Il prend le pape au Vatican, Et, railleur, au ballet bizarre Il lui fait danser le cancan.

Enfin il revient à la dernière variante du premier type qu'il améliore par de légères retouches.

La suite du développement impose à ^Gautier un ordre d'idées et un mouvement déterminés. Son imagination de poète, partant d'un groupe de deux, ou de quatre rimes, lui fournit un quatrain, qu'il améliore ensuite par des remaniements de détail ou par des interversions de vers. Mais, dans tous les cas, ce sont surtout les mots employés — en particulier les mots à la rime — qui donnent à la strophe sa couleur et son éclat.

ARCHAÏSMES. — Gautier se vantait d'avoir sauvé l'existence à, de nombreux adjectifs qui, sans lui, auraient été perdus. Les exemples sont peu concluants. Il a écrit :

Le seuil de la porte est moussu^.

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