‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 149 sur 324 · P. 43, str · texte numérisé non relu

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ALLEMAGNE. — L'Allemagne chère à, Gautier est l'Allemagne des elfes et surtout l'Allemagne des Burgraves. Un poème est consacré au moyen âge allemand : Le Souper des Armures. Il est intéressant de réunir tous les mots de couleur dans l'ordre où Gautier les a employés :

Mots germaniques : p. 105 : hurg ; p. 106 : landgrave., rhingrave^ hurgrave ; p. 108 : vidrecome ; p. 109 : lied.

Termes moyenâgeux : p. 105 : cénobite ; p. 106 : hanap, guivre ; p. 107 : lambrequin, timbres du blason, corselet, morion ; p. 108 : heaume, haubert, gorgerin, salade, pédieux ; p. 109 : armet.

C'est quand il veut s'amuser que Gautier écrit ce vers :

Le « Walpurgisnachtstraum» de Faust^.

L'Allemagne du moyen âge, l'Espagne d'hier, l'Egypte ancienne et moderne, voilà les trois pays où le poète, pour oublier les laideurs et les vulgarités du Paris moderne, cherche à s'évader. Il faut y ajouter la Grèce antique, mais la plupart des mots grecs, qui sont devenus des mots de civilisation, ont été étudiés avec les termes techniques {attique, métope, triglyphe) : je ne trouve à noter ici que trirème^ et plectre d'ivoire^.

Gautier ne fait qu'exceptionnellement des emprunts aux autres langues. L'italien bar car ol ne se trouve que dans une variante^ ; l'anglais ne fournit que steamer^ et steam-boat^ ; « Love' s labours losty>, qui fait pendant au Walpurgisnachtstraum, n'est qu'une plaisanterie'.

CONCLUSION. — L'étude des variantes nous permet de nous rendre compte de la manière de Gautier.

Son premier jet peut être «grisâtre» :

Le ciel brûle comme un fer rouge,

Le sol bâille, de soif fendu,

Dans les joncs où (dont) pas un ne bouge,

Le vieux Nil halète, étendu.

C'est plat. Gautier trouve d'abord :

Le ciel blanchit comme une lame Dans les braises du forgeron

1. P. 134 ; Le Château du Soui^enir, str. 55. — Le mot, entre guillemets, fait pendant à « Love's labours losl ».

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