‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 157 sur 324 · P. 100 ; Bûchers et Tombeaux, str · texte numérisé non relu

P. 100 ; Bûchers et Tombeaux, str

Les femmes-cygnes appartiennent au folklore germanique :

On voit....

Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes

Nager en chantant près du bord^.

ALLIANCES DE MOTS. — Gautier cherche des effets dans le contact inattendu d'un nom et d'un adjectif :

La sentinelle granitique,

Gardienne des énormités,

Se dresse entre un faux temple antique

Et la chambre des députés-.

Il s'agit de l'obélisque de la place de la Concorde. Plus haut, il se nomme lui-même un « obélisque dépareillé^». Le pigeon rauque est expressif, surtout quand il voisine avec la fauvette, dont le chant agréable est bien connu*. « Acre Vénus y^, plus extraordinaire, exige une préparation^ : précédé de « Un grain de sel», il est complété par «du gouffre amer» {Carmen., str. 6).

ANTITHÈSE. — Gautier ne méprise pas l'antithèse, mais il la veut rare et délicate. Inès de las Sierras est « sinistre et belle à rendre fou^». La manière de Gautier est particulièrement visible dans cette accumulation d'adjectifs qui s'opposent (en partie) deux à deux :

Le son en est si faux, si tendre.

Si moqueur, si doux, si cruel.

Si froid, si brûlant, qu'à l'entendre On ressent un plaisir morteF.

Les rêveries de l'obélisque se développent en une série d'antithèses : les moineaux francs, — l'ibis rose et le gypaète^ ; les chars d'or étoiles de nacre des pharaons, — le fiacre, etc.^.

Les groupes nom-adjectif ne sont pas d'un art moins délicat. C'est la sirène qui, amoureusement.

Fait ondoyer sa blancheur bleue Sous l'émail vert du flot dormant^".

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