‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 158 sur 324 · P. 40 ; Caerulei Oculi, sir · texte numérisé non relu

P. 40 ; Caerulei Oculi, sir

Des affinités secrètes

....naissent ces sympathies Aux impérieuses douceurs, Par qui les âmes averties Partout se reconnaissent sœurs^.

On peut joindre au procédé de l'antithèse celui de l'attelage. Les exemples des Émaux et Camées sont tous de caractère plaisant : l'hiver, de son pied glacé,

bat la mesure

Et la semelle en même temps^.

Biorn, « âme rétrospective », loge

Dans son burg et dans le passé^.

Savants et mesurés dans leur emploi, les procédés sont peu nombreux. Seule l'image est fréquente.

L'IMAGE. — Gautier use, comme tous les poètes, d'images banales. Décrivant la fenêtre d'une mansarde, il hésite entre orner et broder, entre cadre et feston :

Je pourrais orner [broder) sa fenêtre D'un cadre (feston) de pois de senteur.

Il s'est décidé — et c'est la preuve d'un goût sûr — pour l'expression la plus simple :

Pour la parer d'un faux bien-être, Si je mentais comme un auteur, Je pourrais faire à la fenêtre Un cadre de pois de senteur*.

Nous négligerons ces « ornements de style» ; seules les images caractéristiques de la personnalité de Gautier méritent de nous arrêter.

La plupart de ces images sont pittoresques. Gautier « voit » ; les mots du vocabulaire commun sont incapables de rendre ce qu'il a vu avec une précision suffisante : il fait appel à l'image. Gomment décrire le filet de fumée qui s'échappe dans l'air calme de la cheminée de la chaumière?

Un tire-bouchon de fumée ^.

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