‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 160 sur 324 · P. 151 ; La Fleur qui fait le printemps, str · texte numérisé non relu

P. 151 ; La Fleur qui fait le printemps, str

temps^ ; le printemps offrira au poète des feux d^ artifice de fleurs^. L'épervier affamé qui piaule apparaît dans le ciel clair comme une noire virgule^.

Gautier est un citadin, un homme cultivé, et un artiste. Une girandole n'éveille pas dans son imagination l'image d'un marronnier en fleurs, ce sont les marronniers en fleurs qui lui rappellent les girandoles.

De Vahsirait au concret. — Un certain nombre de notions abstraites sont traduites par des images concrètes.

Les «trésors misérables et chers », «pesant bagage», sont le lest de Vâme^. Un drame romantique est un drame

Taillé sur le nouveau patron^.

Une dernière image, plus audacieuse, est difficile à traduire en prose :

Mais pour ouater notre joie, Il faut des murs capitonnés®.

Images fantaisistes. — La fantaisie de Gautier est bien différente de celle d'un Hugo.

Dans les Variations sur le Carnaval de Venise, Gautier jongle avec les notes de musique. La batte avec laquelle Arlequin rosse Cassandre a pris la forme d'une note de musique, une note fantasque.

Le blanc Pierrot, par une blanche, Passe la tête et cligne l'œil.

Polichinelle fâché a le nez en forme de croche ; Trivelin se mouche avec un trille extravagant^ ; un arpège tient des discours :

Cet arpège m'a dit : « C'est elle ! i>^.

Dans un tout autre esprit, Gautier a écrit :

L'ange qui descend et qui monte Sur l'escalier d'or voltigeant^.

L'image romantique, si l'on peut employer cette formule générale, prend donc, chez Gautier, un aspect très particulier : elle devient plastique, parfaite, — et froide :

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