‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 161 sur 324 · P. 37 ; Contralto, str · texte numérisé non relu

P. 37 ; Contralto, str

Sculpte, lime, ciselle ; Que ton rêve flottant

Se scelle Dans le bloc résistant^ !

Présentation de Vimage. — La forme même de la strophe choisie par Gautier — quatre vers de huit syllabes — l'oblige à, resserrer l'image autant que possible. Il préférera donc l'image directe à l'image introduite par comme ou par les autres outils de comparaison et, toutes les fois qu'il le pourra, il la condensera dans un seul mot.

L'image est amenée par « comme», « ainsi que», etc.

Quand l'image est amenée par comme^ les deux termes de la comparaison sont exprimés. C'est le second terme seul qui est développé. Décrivant les yeux des jeunes filles. Gautier consacre un quatrain

à leurs cils :

Et leurs cils, comme des mouettes Qui rasent le flot aplani, Palpitent, ailes inquiètes.

Sur leur azur indéfini^.

Les mains de la pianiste sont comparés à. des papillons :

L'ivoire, où ses mains font des ailes.

Et, comme des papillons blancs, Sur la pointe des notes frêles Suspendent leurs baisers tremblants'.

Dans ces deux exemples, l'objet de la comparaison précède l'objet comparé. La disposition contraire présente l'avantage de mettre en lumière l'élément le plus intéressant de la comparaison :

Comme des lis noyés, la houle Fait dans sa volute d'argent Danser leurs beaux corps qu'elle roule.

Les élevant, les submergeanf*.

Comme un teint aristocratique Noircit les fronts bruns de soleil.

De ses sœurs elle rend rustique Le coloris chaud et vermeil^.

Ainsi que est plus rare que comme ; le balancier de la montre va et

vient :

Ainsi gu'un papillon d'acier^.

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