‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 163 sur 324 · P. 68 ; Inès de las Sierras, str · texte numérisé non relu

P. 68 ; Inès de las Sierras, str

Plus souvent, le nom est en apposition :

Le papillon, blanche étincelle ^.

Trois nymphes, fleurs du gouffre amer ^.

La métaphore est dans un verbe. — L'air du Carnaval de Venise

jase d'un ton bouffe Et secoue au vent ses grelots^.

Gautier a voulu personnifier cet air, où un regret vient mêler des sanglots. Il a hésité entre caqueter et bavarder avant de choisir jaser. Tous ces verbes font image.

La métapliore est dans un adjectif ou dans un participe. — Gautier nous montre les statues habillées de neige :

Et les déesses, frileux marbres. Ont pris aussi l'habit d'hiver*.

C'est l'adjectif frileux qui anime les marbres, devenus sensibles au froid.

Étoiles exprime une vision :

Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoiles des oiseaux^.

La métapliore porte sur plusieurs mots. — Gautier, qui avait toujours rêvé de tenir école, donnait cette règle de composition littéraire à Paul Dalloz :

Pousser la comparaison au dernier degré, à propos de tous les mots. Ainsi, en comparant, par exemple, un incendie à une passion, employer tous les termes spéciaux à un incendie. Transposer ainsi dans le monde moral tous les termes du monde physique®.

Souvent Gautier se contente d'un verbe et d'un nom :

Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or'^.

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