‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 165 sur 324 · P. 115 ; Carmen, str · texte numérisé non relu

P. 115 ; Carmen, str

Elle n'est parfois qu'une façon expressive de présenter l'idée. Gautier

avait écrit :

Le brouillard i'roLte son estompe Sur les arbres et les coteaux

Il corrige

Enfin

C'est loin ! Un brouillard dense estompe Arbres, etc.

Une gaze de brume estompe Arbres ^.

A-t-il voulu «personnifier» la brume? Évidemment non : (^ frotte son estompe», qui personnifiait le brouillard, a été rejeté, sans doute comme « précieux ». Dans des strophes comme la suivante :

Ou bien un embonpoint grotesque, Avec grand'peine boutonné, Fait un poussah, dont on rit presque, Du vieux héros tout chevronné-,

nous ne voyons qu'une traduction pittoresque d'une construction banale : «le vieux héros a l'air d'un poussah».

Distinguons aussi V humanisation de la personnification. Quand, dans Affinités secrètes^ Gautier suppose que deux blocs de marbre, dans le fronton d'un temple antique, ont durant trois mille ans

Juxtaposé leurs rêves blancs^,

il s'agit de quelque chose de très différent des grandes personnifications traditionnelles : la Mort ou la Mer. L'exemple suivant, dans une autre tonalité, est plus décisif encore :

La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs'.

L'humanisation est une forme de personnification qui mérite un nom spécial. Les hirondelles de Gautier ne se contentent pas de nicher, ce qui est normal (première hirondelle), elles ont une petite chambre (deuxième hirondelle), elles habitent (troisième hirondelle), elles donnent leur adresse (quatrième hirondelle) ; la cinquième et la sixième emploient un langage militaire, elles font halte, prennent leurs quartiers

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