‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 177 sur 324 · Calmettes, op. cit., p. 106-107. (Cf. p · texte numérisé non relu

Calmettes, op. cit., p. 106-107. (Cf. p

4. Dans William Shakespeare, Hugo a protesté qu'il n'avait jamais écrit le mot : l'Art pour l'art.

5. Leconte de Lisle, op. cit., p. 220. — Au lyrisme divaguant s'oppose le lyrisme «avili, humilié », des Lakistes anglais : ne voyant que leur province, que leur canton, ils tournent au réalisme. Les intransigeants du Parnasse (Villiers de l'Isle-Adam) appelaient Coppée un « Lakiste du faubourg » (Calmettes, op. cit., p. 171-172).

mais elle se présente comme une réaction contre les grands maîtres du mouvement, à l'exception de Gautier.

BÉRANGER. — En particulier, Leconte de Lisle repousse avec indignation l'idée que le poète puisse devenir une « trompette de carrefour». La trompette de carrefour, c'est Déranger. Leconte de Lisle lui reproche ses conceptions viles, la recherche d'une popularité facile, sa médiocrité de forme : « [Le grand artiste] porte à, la majesté de

l'art un respect trop pur pour mettre la langue sacrée au service des

conceptions viles. Le clairon de l'archange ne se laisse pas emboucher comme une trompette de carrefour.^» Leconte de Lisle précise : « Auguste Barbier n'a rien de coipmun, assurément, avec cette lie des poètes. Ce n'est point un quêteur de réclames et de popularité. 2»

Il ne manque jamais de souligner son mépris pour les « mirlitons nationaux », les « refrains de guinguette ». Poète national, s'écrie-t-il, le titre est beau, porté par Shakespeare ou par Dante, mais on le pollue en le décernant « à des rimeurs vulgaires, ou pis encore, à des ménétriers d'occasion»^. Et, à propos de Lamartine, Leconte de Lisle souligne que « la célébrité de M. de Lamartine n'est point de la popularité. Un poète ne saurait être populaire, en France, qu'à cette inexorable condition de rimer des chansons à boire ou de combiner les palpitantes péripéties de quelque complainte immonde»*. L'article sur Béranger n'est qu'un éreintement continuel de « ces odes-chansons qui ne sont ni des odes ni des chansons»^; «rien ne revit dans ces maigres pamphlets à refrain, pauvrement conçus, pauvrement écrits ^. »

Mais en condamnant Béranger, et d'autres chansonniers plus médiocres encore, tels que DésarUgiers, Leconte de Lisle vise aussi tout poète qui écrit pour le vulgaire.

«Plèbe intellectuelle» et «Peuple». — Il est nécessaire ici de distinguer de la plèbe intellectuelle' le peuple lui-même. Leconte de Lisle, amoureux des formules tranchantes, a pu laisser supposer qu'il

1. Leconte de Lisle, op. cit., Ai>ant-Propos, p. 241. — Cf. : « Quant à ceux qui s'enorgueillissent de n'être que de simples machines à vers, et dont l'ambition consiste à devenir quelque trompette publique, pendue à l'angle des rues, et dans laquelle soufflent le vent et la multitude, je les abandonne de grand cœur aux applaudissements de la critique» [Id. , Aug. Barbier, p. 276-277).

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