‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 179 sur 324 · Leconte de Lisle, op. cit., Avant-Propos, p · texte numérisé non relu

Leconte de Lisle, op. cit., Avant-Propos, p

8. Calmettes, op. cit., p. 25. — «Pour ma part », disait Ponsard, «je n'admets que la souveraineté du bon sens ; je tiens que toute doctrine ancienne ou moderne doit être continuellement soumise à l'examen de ce juge suprême » (Préf. d'Agnès de Aléranie).

Leconte de Lisle a fait quelques allusions dédaigneuses à cette Ecole : « Une École récente s'est élevée, restauratrice un peu niaise du bon sens public, mais qui n'est pas née viable, qui ne répond à rien et ne représente rien qu'une atonie peu inquiétante^.» Parlant de Hugo, il ajoute : « La grandeur et la beauté de cette légende tragique [Les Burgraves] ne furent pas comprises. Une réaction passagère, insignifiante en elle-même et quant à ses résultats prochains, sévissait à cette époque et pervertissait le goût public. 2» Il n'avait d'ailleurs que mépris pour le bon sens « gaulois» lui-même : « Nous habitons un climat tempéré, nous sommes honnêtes et modérés, nous ne sommes ni grands ni petits, nous sommes doués du bon sens gaulois ; mais hélas ! la poésie est un excès dont nous ne nous rendrons jamais coupables.^»

L'ÉCOLE UTILITAIRE. — L'École utilitaire, aux yeux des Parnassiens, n'avait pas plus de prestige que l'École du bon sens. Leconte de Lisle ne manque pas d'égratigner en passant les « cuistres de la rime et de la prose»* : «[l'enseignement moral de la poésie] consiste à répandre dans le vulgaire, à l'aide du rythme et de la rime, un certain nombre de platitudes qu'elle [la critique] affuble du nom d'idées »^. Il revient sur ce sujet : « On stigmatise volontiers la théorie de l'art pour l'art, dans cette heureuse époque de l'industrie littéraire en pleine culture, de succès bouffons, de prédications utilitaires et de recettes destinées à l'amélioration des espèces bovine, ovine, chevaline et humaine. ^ »

L'ÉCOLE MODERNISTE. — Il existait enfin une École moderniste, entichée de « descriptions enthousiastes de mécaniques » (Leconte de Lisle, op. cit., 1864, Baudelaire, p. 280) : Maxime du Camp avait, entre autres, consacré un poème à La Locomotive. Leconte de Lisle n'éprouvait aucune sympathie pour ce genre d'expérience : « Les hymnes et les odes inspirées par la vapeur et la télégraphie électrique m'émeuvent médiocrement» {Id., p. 226, 1855). Et il faut avouer que les vers oîi la locomotive vante ses propres mérites n'ont rien d'émouvant. Médiocre artiste, Maxime du Camp n'était pas dénué d'idées : si les

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