Heredia, Trophées [Disc, à l'Acad.], p
2. Leconte de Lisle, Le Nain Jaune, 1864 (Cité par M™® J. Dornis, Essai sur Leconte de Lisle, p. 292). — Il en résulte aussi que «l'Inspiration » passe au second plan : « Le poète idéal n'est point ce i^ales épileptique que l'on nous peint échevelé, les yeux hagards, émettant indéfiniment et d'un seul jet, sous l'inspiration de je ne sais quelle muse bavarde, des vers faciles ou incohérents, mais un penseur sérieux, qui conçoit fortement et qui entoure ses conceptions d'images hardies et longuement ciselées » (L'Art, 1865, dans Martino, Parnasse et Symbolisme, p. 67). C'est ce que Heredia exprimait par cette sentence : « Il y a des gens qui ont du génie. Moi, je n'ai que du talent. C'est plus rare » (Albalat, Les « Samedis » de J.-M. de Heredia ; Rev. Hebdom., 4 oct. 1919, p. 69).
A la forme, il faut d'ailleurs ajouter la science : «l'art est une chose terrible aujourd'hui, car il faut tout savoir» (Heredia à Georges Lafenestre, 2 févr. 1872, dans Ibrovac, op. cit.,
Les conseils que Leconte de Lisle donnait à Heredia sont particulièrement curieux " Faites donc des vers, bons ou mauvais ; écrivez à la diable. Si la chose ne vient pas du premier jet, vous n'aurez plus qu'à revoir, remanier, rajuster et polir, ce qui n'est rien. Quant à l'exécution définitive, je ne suis pas inquiet le moins du monde, sachant bien que vous vous en tirerez victorieusement» (Leconte de Lisle à Heredia, 12 juil. 1869, dans Ibrovac, op. cit., p. 108. — Il s'agit du Parnasse de 1869).