‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 193 sur 324 · Id., p · texte numérisé non relu

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3. Id., Soleil de Minuit, p. 19. — La Polémoine, type de la famille des polémoniacées, n'a rien de nordique. — Vadmel est un mot norvégien qui désigne une étoffe tissée à la maison.

acquisitions plus ou moins extraordinaires. Voici une chanson chinoise de.Bouilhet :

J'écoutais les oiseaux fuir dans l'immensité, Je regardais les fleurs comme nous immobiles, Et mon cœur comprenait la grande vérité^.

La couleur chinoise est peu sensible : Bouilhet n'avait pas besoin d'aller jusqu'à Pékin pour trouver des vers de ce genre.

En revanche, certains vocables chinois, quand ils ne sont pas imprononçables, sont nettement dépourvus de charme : Iiig-wha, Paï-lui-chi, tang-wang-fung. Il y a bien des chances pour que ce quatrain ne rencontre jamais qu'un succès d'hilarité :

Au fond du cabinet de soie,

Dans le pavillon de l'étang,

« Pipi, popo !» le feu flamboie ;

L'horloge dit : « Ko-tang ! Ko-tang!-»

La plus jolie des chansons chinoises de Bouilhet doit le plus clair de son intérêt à un faux-sens (d'ailleurs voulu). L'empereur-poète Vou-ti avait composé, sur une barque, une chanson assez mélancolique où chaque vers était interrompu par le choc des rames frappant l'eau : ha ! ha ! ha ! Bouilhet remplace ce bruit banal par une interjection sentimentale : ah !

Bois chenus, ah ! vent d'automne !

L'oiseau fuit, ah ! l'herbe est jaune ! Le soleil, ah ! s'est pâli !

J'ai le cœur, ah ! bien rempli !

Sous ma nef, ah ! l'eau moutonne, Et répond, ah ! monotone, A mon chant, ah ! si joli.

Quels regrets, ah ! l'amour donne !

L'âge arrive, ah ! puis l'oubli^.

Mais il ne reste pas grand chose de spécifiquement chinois dans le poème.

Les meilleurs poètes parnassiens ont évité de donner au lecteur l'impression d'un dépaysement trop marqué, et lui ont épargné un coloriage trop brutal ou rehaussé, comme l'avaient fait trop souvent les romantiques de la première heure, de noms propres hérissés de

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