‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 196 sur 324 · Id., Le Thermodon, p · texte numérisé non relu

Id., Le Thermodon, p

Mieux qu'aucun maître inscrit au livre de maîtrise, Qu'il ait nom Ruys, Arphé, Ximeniz, Becerill, J'ai serti le rul)is, la perle et le béryl ^.

LES NOMS COMMUNS. — Un autre procédé de coloration consiste à emprunter à une langue étrangère des noms communs. Je choisis des exemples indiens, moins familiers à notre oreille que les exemples

grecs :

Trois sages méditaient

Des laiges nymphéas contemplant les calices, Ils goûtaient, absorbés, de muettes délices^.

Les cymbales de cuivre et la conque aux bruits sourds, Et la vlna perçante et les rauques tambours Vibrant, grondant, sifflant, résonnent dans la plaine^.

Le jeune Bhagavat, dans la fleur de l'enfance, Qui, sous les açokas cherchant de frais abris, Joûra dans la rosée avec les colibris.

Voulant sauver la terre encore féconde et belle,

Soutiendra d'un seul doigt

l'Himalaya divin* !

Nymphéa a passé dans nos dictionnaires (Acad. 1878) ; vina est expliqué par le contexte ; açoka reste plus énigmatique, mais le lecteur peut deviner qu'il s'agit d'un arbre.

Ce procédé, employé comme les précédents par les romantiques, reste un procédé relativement grossier. Les poètes Parnassiens ont développé des moyens plus délicats.

MOTS FRANCISÉS. — Un mot étranger peut être francisé : la chose est particulièrement facile quand il s'agit de mots latins ; tout Français possède dans sa mémoire des séries du genre créator-créateur, etc.

Partout sonne l'appel clair des bitccinciteurs^.

En vain le Grand Pontife a fait un lectisterne ^.

1. Id., Le Vieil Orfèvre, p. 103. Voyez aussi p. 106, 107. Les noms d'Iscitt, Ili.Ton, Jliinnu, fils d' Uloliox (Hereclia, Trophées, p. 83), avaient amusé Lcconte de Lisle :

Les Dieux Iscitt, Ilixon et Hunu fils d'Ulohxis [sic] sont d'un goût barbare on ne peut plus délicat. Cependant je leur préfère encore, s'il est possible, Exprcenn, Aherbelst et Baicorrix, qui me semblent notablement hirsutes, hispides, hypersulfureux, tatoués et idiosyncrasiques au suprême degré... » (Leconte de Lisle à Heredia, 20 sept. 1880, à propos du sonnet : Sur un marbre brisé, dans Ibrovac, op. cit., p. 299).

Iscitt, etc., semblent être à la limite extrême de ce que son oreille était capable de supporter.

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