‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 198 sur 324 · Id., Les Elfes, p · texte numérisé non relu

Id., Les Elfes, p

Mendès, faisant parler Agar, n'est-il pas plus biblique que la Bible elle-même ?

Ils se partageront les pains de miel et d'orge ; Comme un bœuf ruminant le vide dans sa gorge, Moi je boirai ma soif et mangerai ma faim^ !

La revanche, comme un ruissellement de lave, Jaillira du cratère antique de mes flancs-.

C'est donc là, pour un poète savant, une précieuse ressource.

LA COULEUR AyriQUE : LA GRÈCE ET L'ITALIE. — Quand il s'agit de la Grèce et de Rome, le lecteur français, mieux renseigné, est sensible à toute une série de détails précis. N'importe qui peut distinguer, par exemple, les épitliètes antiques des adjectifs modernes ; et il ne faut pas être grand clerc pour sentir la nuance qui sépare une épithète homérique d'une épithète pindarique ou anacréontique, ou pour reconnaître immédiatement l'adjectif familier à Horace ou à Virgile.

Ces détails sont extrêmement nombreux : outre les recettes inépuisables de la poétique et de la rhétorique grecque et latine, capables encore, pour qui sait les utiliser avec quelque habileté, de produire d'heureux effets, les constructions, les tournures, les types de phrases fournissent au poète tantôt une coloration antique, tantôt une nuance eschylienne ou virgilienne.

L'ADJECTIF. — U épithète « de nature)). — Les poètes homériques ont pratiqué Vépithète de nature ; le nom est régulièrement suivi d'un adjectif traditionnel :

Laisse, ami, l'errante chèvre, Sourde aux chevrotenîents du chevreau qu'elle sèvre, Escalader la roche et brouter les bourgeons^.

Souvent cet adjectif exprime un éloge banal :

[Le Chœur] :

Il chante

Les héros suspendus à ses lèvres habiles Ont délaissé la coupe et les mets parfumés*.

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