‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 199 sur 324 · Leconte de Lisle, Poèmes antiques, yiobr, p · texte numérisé non relu

Leconte de Lisle, Poèmes antiques, yiobr, p

Elle [Naïs] songe, endormie ; un rire luirmonieux Flotte sur sa bouche pourprée^.

Et les riclies pasteurs aux superbes troupeaux

M'offrent en souriant, pour prix de mes leçons, Les pesantes brebis et leurs beaux nourrissons^.

Il peut avoir une valeur pittoresque — plus sensible sans doute aujourd'hui que dans les temps antiques — ou même une valeur historique :

depuis qu'Hélios dont le monde s'éclaire

Avait poussé son char dans l'azur circulaire,

Sans relâche, j'avais de mes mains meurtrières, Percé les cerfs légers errant dans les clairières^.

Il faut aimer. Le thon aime les flots salés,

L'air plaît à l'hirondelle, et le cytise aux chèvres,

Et l'abeille camuse aime la fleur des blés*.

Ton cortège est formé d'étoiles cadencées.

Et les globes en chœur s'enchaînent sur tes pas^.

Cadencé, étonnant au premier abord, évoque les théories curieuses des astronomes grecs.

Les adjectifs « de matière^). — Certains types d'adjectifs, aujourd'hui disparus, peuvent être ramenés à la vie ; « une statue de marbre-n peut redevenir «une statue marmoréenne y> \ l'effet, relativement discret, est plus ou moins marqué :

Dans Vérone la rousse où les pampres sont d'or

Sous la brûlure d'un éternel messidor,

Les palais, ce jour-là, de l'Adige aux Arènes, S'épanouissaient mieux dans les chaleurs sereines, Marmoréennes fleurs du sol italien^.

Or, dardant ses yeux prompts sur la peau léonine

Dont Héraklès couvrait son épaule divine,

Irritable, il [le taureau] voulut heurter d'un brusque choc

Contre cet étranger son front dur comme un roc^.

Il ne reverra plus le môle Alexandrin ®.

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