Leconte de Lisle, Poèmes antiques, yiobr, p
Elle [Naïs] songe, endormie ; un rire luirmonieux Flotte sur sa bouche pourprée^.
Et les riclies pasteurs aux superbes troupeaux
M'offrent en souriant, pour prix de mes leçons, Les pesantes brebis et leurs beaux nourrissons^.
Il peut avoir une valeur pittoresque — plus sensible sans doute aujourd'hui que dans les temps antiques — ou même une valeur historique :
depuis qu'Hélios dont le monde s'éclaire
Avait poussé son char dans l'azur circulaire,
Sans relâche, j'avais de mes mains meurtrières, Percé les cerfs légers errant dans les clairières^.
Il faut aimer. Le thon aime les flots salés,
L'air plaît à l'hirondelle, et le cytise aux chèvres,
Et l'abeille camuse aime la fleur des blés*.
Ton cortège est formé d'étoiles cadencées.
Et les globes en chœur s'enchaînent sur tes pas^.
Cadencé, étonnant au premier abord, évoque les théories curieuses des astronomes grecs.
Les adjectifs « de matière^). — Certains types d'adjectifs, aujourd'hui disparus, peuvent être ramenés à la vie ; « une statue de marbre-n peut redevenir «une statue marmoréenne y> \ l'effet, relativement discret, est plus ou moins marqué :
Dans Vérone la rousse où les pampres sont d'or
Sous la brûlure d'un éternel messidor,
Les palais, ce jour-là, de l'Adige aux Arènes, S'épanouissaient mieux dans les chaleurs sereines, Marmoréennes fleurs du sol italien^.
Or, dardant ses yeux prompts sur la peau léonine
Dont Héraklès couvrait son épaule divine,
Irritable, il [le taureau] voulut heurter d'un brusque choc
Contre cet étranger son front dur comme un roc^.
Il ne reverra plus le môle Alexandrin ®.