‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 20 sur 324 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

Ce sont les vers de Racine qu'on admire et les vers de Pradon qu'on trouve ridicules. « Or», affirme Hugo, « ce sont les vers de Pradon qui sont bons». Ils sont « humains, naturels et vrais, pleins de grâce et de sensibilité». 11 faut donner à la roue de l'opinion un tour complet, mettre Pradon au faîte et Racine en bas, et dire au goût français : « Adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. » « Poètes bourgeois : Racine, Casimir Delavigne, Ponsard, Emile Augier.^»

Nous n'avons pas de raisons de mettre en doute la parole de Stapfer, ni la sincérité de Hugo. Hugo ne comprenait plus Racine. H écrivait :

La vieille idée est morte avec le vieux cerveau.

La révolution est un monde nouveau.

Notre oreille en changeant a changé la musique.

Lorsque Fernand Cortez arriva du Mexique,

II revint la main pleine, et, du jeune univers,

Il rapporta de l'or ; nous rapportons des vers.

Nous rapportons des chants mystérieux. Nous sommes

D'autres yeux, d'autres fronts, d'autres cœurs, d'autres hommes^.

Théories linguistiques. — Un texte inédit de Victor Hugo, publié par la revue YggdrasilP, développe les idées qui avaient cours chez Nodier*. Hugo y explique la mort des langues. Après une période d' « épaississement »,

l'obscurité envahit certaines zones du langage, la logique de la langue s'altère, les analogies s'effacent, les étymologies cessent de transparaître sous les mots, une orthographe vicieuse attaque les racines irrévocables*, de mauvais usages malmènent ce qui reste du bon vieux fond de l'idiome. L'agonie arrive : les voyelles meurent les premières ; les consonnes persistent. Les

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