‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 205 sur 324 · Id., p · texte numérisé non relu

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Le participe présent est lourd en français ; dans certains vers parnassiens, il donne l'impression d'appartenir à une syntaxe étrangère :

pareils aux flots se déroulant toiijoias,

Dans cette vision j'ai consumé mes jours^.

L'apposition, sans être incorrecte en français, est moins libre et moins fréquente qu'en latin et surtout en grec. Conjuguée avec une anticipation, l'apposition de propices toujours donne à la phrase une couleur hellénique :

O Filles de Thétis, gardez-nous des nuits noires,

Du Notes, tourmenteur de la divine Mer, Par qui nefs et marins plongent au gouffre amer. Et, propices toujours, que vos fraîches haleines Jusqu'au port désiré gonflent nos voiles pleines"^.

Certaines figures de phrases, comme V apostrophe et V invocation, sont particulièrement fréquentes dans les langues anciennes. Parfois elles s'adressent à des dieux ou à des forces divinisées :

[Hélène :]

O Zeus, ô mon époux, ô ma fille, ô vertu, Sans relâche parlez à mon cœur abattu ; Calmez ce feu secret qui sans cesse m'irrite'.

O Nyx, mère d'Hypnos aux languissantes ailes.

Toi qui berces le monde entre tes bras cléments,

Entends-nous, Bienheureuse* !

11 arrive aussi — et le procédé n'en est que plus frappant — que le poète invoque une ville :

Ville au bouclier d'or, favorite des Dieux,

Toi que baigne Dirkè d'une onde inspiratrice, D'Héraclès justicier magnanime nourrice, Thèbes^ !

LA COULEUR " PROFoyoE k — Il existe enïin une couleur (.iprojonde^^; le poète s'est assimilé de façon si parfaite les idées et les sentiments d'un pays et d'une époque que les procédés de coloration ordinaire deviennent inutiles : le lecteur attentif est dépaysé naturellement et sans effort. Cette couleur, qui fut chère à Corneille et à Racine, et qui

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