Id., Poèmes antiques, yiobé, p
a été trop souvent méconniio dos Romantiques, a été remise à l'honneur par les Parnassiens. Peut-elle suffire? Il semble bien que oui :
Je suis las, rien ne vaut la fatigue île vivre, Et pas un paradis n'a de bonheur pareil. Nuit calme, nuit bénie, à ton divin sommeil^.
Il est possible d'aller plus loin : le sonnet de Heredia intitulé Au vaisseau de Virgile est tout entier « virgilien». Précisons : il ne s'agit là ni d'un « à la manière de», ni d'une traduction, ni d'un démarquage, ni d'une adaptation, mais d'une coloration discrète, qui peut passer inaperçue aux yeux d'un lecteur médiocrement cultivé. Ce n'est plus de la couleur, mais de la nuance. De pareilles réussites exigent une science étendue et un goilt parfait :
Que des souffles de l'air, de tous le plus léger. Que le doux lapyx, redoublant son haleine, D'une brise embaumée enfle la voile pleine Et pousse le navire au rivage étranger
La moitié de mon âme est dans la nef fragile
Qui, sur la mer sacrée où chantait Arion,
Vers la terre des Dieux porte le grand Virgile^.
LA COULEUR BIBLIQUE. — Le monde antique — grec et latin — a naturellement, dans l'œuvre des Parnassiens, comme dans notre enseignement et notre culture, une place de choix. Mais le monde entier a été exploré et, littérairement, exploité par eux. Les exemples seraient innombrables : je ne puis donner que quelques spécimens parmi les plus caractéristiques.
Voici une image biblique et un «mouvement» biblique :
Ton nouveau-né pareil au <^er d'un fruit trop mûr, Lamente-toi sur lui, Sara ! ^.
Or, le spectre dardait ses rigides prunelles Sur l'Homme de qui l'âme errait obscurément, Dans un âpre désir des Choses éternelles, Et qui puisait la vie en son propre tourment".