Id., p
L'antique chapelet s'égrène tout seul, de lui-môme ; la volonté de la vieille fille n'est à peu près pour rien dans ce mouvement mécanique.
NOUVELLES LOCUTIONS VERBALES. — Il est dcs époques OÙ l'on crée des locutions verbales, et il est des écrivains qui aiment à se livrer à ce jeu. Le romantisme l'a remis à la mode.
Dans cette oasis embaumée
Des lianes feront guirlandes
Entre les palmiers sur nos fronts ^.
Jeune, on aime à parler trépas.
Byron, Musset, l'exemple tente-.
Les procédés sont simples : ou bien Fécrivain choisit un verbe-outil fréquemment employé dans les locutions verbales (le verbe faire est de beaucoup le plus usuel) ; ou bien il forme la locution nouvelle sur le modèle d'une locution ancienne (« parler musique, parler affaires» : « parler trépas))).
EMPLOI DES TEMPS. — Les poètes parnassiens se conforment aux règles de la grammaire, qui sont celles de la raison. Notons toutefois qu'alors que les prosateurs contemporains développent l'emploi de l'imparfait de façon anormale et quasi monstrueuse, les écrivains en vers restent fidèles au passé simple, plus rare puisqu'il a disparu de la langue commune, et plus riche aussi de sonorités variées.
Dans les relatives dépendant d'une principale à, un temps du passé, les poètes parnassiens emploient systématiquement l'indicatif présent : dans Heredia, le procédé apparaît presque à chaque page.
Par l'air magique où flotte un parfum de poison, Sa parole semait la puissance des charmes ^.
Est-ce voulu ? Heredia construit généralement sa subordonnée à l'indicatif avant la principale au passé, de ^sorte que le manque de concordance des temps est moins sensible. Mais Leconte de Lisle ne semble pas avoir le même scrupule :
Le souffle frais des bois, de ses deux seins de neige, Écartait le tissu léger qui les protège *.