‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 231 sur 324 · I. — UNE GAITÉ équivaut à : « un enfant joyeux · texte numérisé non relu

I. — UNE GAITÉ équivaut à : « un enfant joyeux

Il regardait passer ces gaités en haillons,

Qui couraient les pieds nus et d'aurore coiffées ^.

Un ange, essentiellement innocent, devient une innocence, et un ancêtre illustre devient une gloire :

Reçois notre salut, Monde sacerdotal Où les Anges vêtus d'un fluide cristal Apparaissent tout nus, étant les Innocences^.

Tous les ducs morts sont là, gloire d'acier vêtue, Depuis Olhon le Saint jusqu'à Job le Bancal*.

II. — LE BLEU DU CIEL, ETC. — Le groupe banal : « le ciel bleu», peut être transformé en : « le bleu du ciel». En remplaçant le nom « le bleu » par une métaphore, on obtient : « l'azur du ciel », ou : « un ciel d'azur». Dans tous les cas, la «qualité» (bleu) est mise au premier plan de la conscience ; la « substance» (ciel) lui est subordonnée sous forme de complément nominal.

a. Le bleu du ciel. — Ce procédé facile, mais peu impressif, n'a pas rencontré beaucoup de succès.

Tous les vaincus pour qui les défaites sont belles Et tous les vagabonds avec tous les rebelles Peupleront l'infini de ma postérité^.

1. Le pluriel « poétique » s'appelle parfois pluriel « emphatique », « augmentatif » : c'est rappellation de « pluriel illogique » qui serait la plus exacte. — Notons son emploi fréquent par les poètes de l'antiquité.

2. Coppée, Poésies, 1864-1869, p. 155 {Angélus). — Il s'agit des enfants des pêcheurs.

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