Mendès, Contes épiques, p. 20. — C'est Agar qui parle
Il en existe une variante, plus intéressante pour l'artiste : « le terrible [lion] de Némée» devient : « la terreur de Néméey.
Il s'écrie. Il a vu la terreur de Némée
Qui sur le seuil sanglant ouvre sa gueule armée ^.
b. L'azur du ciel. — Le type « l'azur du ciel » est susceptible d'un très grand nombre de combinaisons. Voyons d'abord les plus simples :
Les oiseaux aux becs d'or luisaient en plein soleil,
Sans daigner secouer, comme des étincelles.
Les mouches qui mordaient la pourpre de leurs ailes^.
Et dès que luit aux cieux le matin argenté, Sur les fleurs de son sein, je bois la volupté^ !
Notons que, si « la pourpre de leurs ailes » est facile à traduire (les ailes rouges), il est impossible de trouver aux « fleurs de son sein» un équivalent (il faut sans doute comprendre : « son sein blanc et rose»), ce qui est, au point de vue poétique, un avantage appréciable : la valeur pittoresque de l'expression est moindre, mais sa valeur suggestive est beaucoup plus grande.
Rien n'empêche, dans le groupe «l'azur du ciel», de caractériser ciel par un nouvel adjectif :
Tantôt se défiant, et d'un essor rapide Troublant le flot marbré d'une écume d'argent, Elles ridaient l'azur de leur palais limpide De leur corps souple et diligent*.
La Nuit divine, enfin, dans l'ampleur des cieux clairs, Avec sa robe noire aux plis brodés d'éclairs.
Descendit dans les mers des Dêvas ^.
Si, au point de départ, nous caractérisons l'adjectif substantivé «bleu» par un autre adjectif, «le bleu ardent du ciel», par exemple, nous obtiendrons finalement : « l'azur ardent du ciel» :
Sous la pourpre ombreuse du rideau, » Noble et pur, un grand lys se meurt dans une coupe''.
J'imagine déjà la saveur indicible
Du livre qu'on ferait près du foyer paisible,