‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 234 sur 324 · Heredia, Trophées, p · texte numérisé non relu

Heredia, Trophées, p

5. Id., p. 12 (Fuite de Centaures). — Cf. : n-l'orgueil éployé des drapeaux frissonnants » (De Guerne, Bois sacré, p. 202).

6. Leconte de Lisle, Poèmes antiques, p. 58 (La vision de Brahma). — Il s'agit des vierges.

Mais la dernière alors leva ses blanches mains, Déroula sur son cou de neige, en tresses blondes, De ses cheveux dorés les. ruisselantes ondes ^.

Et croisant ses bras blancs sur son grand sein d'ivoire : — Cher fils de Priamos, tu contemples Héré, Dit-e]le2.

D'autres Parnassiens lui ont donné plus d'éclat.

On la fête, on lui fait des jours d'or et de soie.

On la flatte, on l'encense, on l'adule, on la choie'.

Les palmiers vers le sol, d'oîi nul vent ne s'élève. Penchent leurs longs cheveux dans l'air de diamant*.

d. Quand un concept verbal se combine avec les concepts de nom et d'adjectif, la chose se complique : c'est ici que l'on peut parler à, bon droit de style substantif, le verbe se trouvant «traduit» par un nom.

Les trois exemples qui suivent, d'ailleurs très différents entre eux, sont empruntés à François Goppée.

Angélus pousse un cri en voyant un crabe qui s^enfuit :

Et les deux bons vieillards étaient tout égayés Lorsque Angélus, ouvrant de grands yeux effrayés, Jetait un cri léger, douce et claire syllabe. Devant la fuite oblique et bizarre d'un crabe^.

Angélus fait un geste comme on en fait quand on va s'éveiller :

Angélus ébaucha de son bras rose et rond

Ce geste vague et mou du réveil qui s'approche^.

L'orpheline, innocente enfant aux cheveux bouclés, se promenait dans la cour :

Si chétive, une haleine, une âme, L'orpheline du porte-clés Promenait dans la cour infâme L' innocence en cheveux bouclés"^.

C'est ici que l'on peut le mieux se rendre compte de l'extension du procédé, apprécier ses avantages, et aussi entrevoir ses limites.

1. Leconte de Lisle, Poèmes antiques, p. 91 [Hélène). — C'est Paris qui parle.

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