Coppée, Poésies, 1864-1869, p. 201 {La Bénédiction
4. Leconte de Lisle, Poèmes antiques, p. 57 {La Vision de Brahma).
une valeur littéraire très différente : le Roi-Prophète^ V Homme- Dieu, sont bibliques et évangéliques ; les commissaires-priseurs sont de création française et administrative ; les canapés-lits sont d'origine commerciale ; les filles-fleurs viennent du folklore germanique. Victor Hugo avait développé d'extraordinaire façon un type de composés artificiels où il juxtaposait les deux termes d'une comparaison : la marmite-budget, le pâtre-promontoire.
Archange-prophète est biblique :
Demain, la fange aura pris l'époux, et, jalouse,
La neige épaissira le linceul de l'épouse ;
Mais l'archange-prophète a dit : « Vous revivrez !^»
Cheval-cygne est germanique 2.
C'est par plaisanterie que Bouilhet a écrit Cupidon tambour, songeant sans doute aux composés chers aux poètes de la Pléiade.
[Le comte de Brisson (à Catherine de Médicis, parlant de Condé) :]
Prince aimable !
Si noble en ses erreurs, qu'à peine il est blâmable, Le caprice des camps, — la gaîté de la cour, — Faisant battre la charge à Cupidon tambour^.
Les composés à la manière de Victor Hugo sont rares.
Et je levai les bras vers le beau jeune homme ange^ !
Le poète-soleil entonne L'hymne étincelant de l'été^.
Encore l'expression (d'ailleurs peu heureuse) de Mendès peut-elle passer pour biblique, et la fantaisie de Mérat n'est-elle sans doute qu'un souvenir du Roi- Soleil.
Respect ou prudence, les Parnassiens s'interdirent un procédé — d'ailleurs très voyant — qui devait rester la propriété du Maître.
L'adjectif. — L'adjectif, si l'on en croit Dupuis et Cotonet, avait joué un rôle essentiel dans la Révolution romantique : l'école parnassienne lui a conservé toute son importance. Leconte de Lisle, appréciant Baudelaire, écrivait : « Le choix et l'agencement des mots, le mouvement général et le style, tout concorde à l'effet produit, laissant