‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 250 sur 324 · Lemoyne, Poésies, p · texte numérisé non relu

Lemoyne, Poésies, p

2. Dierx, Œuvres, t. I, p. 24. — Cf. « un portrait en pied ».

3. Coppée, Poésies, 1864-1869, p. 10. — Cf. « attaquer en ordre dispersé ».

4. Bouilhet, Œuvres, p. 415. — On dit : « dormir en chien de fusil ». -5. Ménard, Poèmes el Rêveries, p. 242 [Euforion].

La comparaison peut être suggérée par un nom suivi de son complément. Un chaste baiser éveille dans l'imagination de De Guerne {Flûtes alternées^ p. 86) l'idée de la libellule :

Ton Daphnis poursuivra sur la lèvre ingénue La libellule agile et frêle du baiser.

L'ADJECTIF « TEL*. — Avec l'adverbe comme, l'adjectif tel est le plus commun des outils traditionnels. Tel que, quoique littéraire, est banal.

La pâle humanité, dans sa stupeur immonde, Sans courage et sans foi, s'accroupit sur le monde. Etalant au soleil toutes ses nudités Telle qu'un lépreux maigre aux portes des cités ^.

Il en est de même de tel employé comme attribut :

Telle elle est, ou du moins je la devine telle, Lys candide, cygne ingénu'-.

Au contraire, tel, en apposition à un sujet, a quelque chose de solennel et, plus précisément, de « primitif».

Il lisait trop. D'abord ce désir curieux

Avait rendu le bon curé tout glorieux :

Tel le semeur qui voit prospérer ses semailles^.

portant pour ceinture à ses reins florissants

Des lacs et des vallons et des bois verdissants, Des jardins diaprés et de limpides ondes. Tel il siégeait*.

LA COMPARAISON EST EXPRIMÉE PAR UN VERBE. — TouS les verbeS

qui marquent la ressemblance ou qui suggèrent un rapprochement peuvent introduire une comparaison ; le plus commun est sembler :

Qu'une eau vive à mes yeux promène Le cristal vibrant de ses flots, Sa musique me semble humaine Et me rappelle des sanglots^.

Le roi venait. Et belle et savourant l'ivresse ,

Samhisis s'avançait heureuse à son côté.

Projetant ses lueurs d'en haut sur une foule

Qui lui semble un tapis vivant que son pied foule ^.

Page 1