Id., p
eux, ils cherchent Timage neuve, très impressive. Elle est fréquente chez Leconte de Lisle :
Sur les bambous prochains, aciablés de sommeil, Les oiseaux aux becs d'or luisaient en plein soleil Sans daigner secouer, comme des étincelles, Les mouches qui mordaient la pourpre de leurs ailes ^.
Voici des images à coloration antique :
Revêts-le de silence, ô Terre maternelle.
Et mets le long baiser de l'ombre sur ses yeux-.
Parlant au mort, Leconte de Lisle ajoute :
Va, pars ! Allume enfin ta face à leurs visages.
Et siège comme eux tous dans la splendeur du ciel^ !
C'est bien l'image, dans tous ces exemples, qui donne au vers tout son éclat.
Mais cette image reste nettement différente de l'image d'un Hugo, ou de celle d'un Baudelaire. Vers 1860, Hugo est devenu visionnaire ; Baudelaire a emprunté à Satan, le « rusé doyen», son image profonde. Les comparaisons et les métaphores des Parnassiens restent essentiellement pittoresques, et donc, par comparaison avec les images de Baudelaire, superficielles :
par endroits, le long des vertes îles,
Comme des troncs pesants flottaient les crocodiles''.
De plus, l'École parnassienne est revenue souvent à l'image atténuée des classiques :
Une haleine terrible habite en tes poumons^.
Enfin, le jour, glissant à la pente des cieux, D'un long regard de pourpre illumina leurs yeux^.