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Histoire de la langue française. XIII. 22
J'étais jeune et jouais dans le vallon natal, Au bord des bleus étangs et des lacs de cristal Où les poules nageaient, où cygnes et sarcelles Faisaient étinceler les perles de leurs ailes i.
.....naille mouches d'or, d'azur et d'émeraude, Étoilaient de leurs feux la mousse humide et chaude'.
O contemplation de l'Essence des choses, Efface de mon cœur ces pieds, ces lèvres roses, Et ces tresses de flamme et ces yeux doux et noirs Qui troublent le repos des austères devoirs^.
Qu'on songe aux saisissantes métaphores de Hugo, « le rire, haillon sonore», la «faucille d'or» négligemment jetée dans le champ des étoiles. Hugo fait souvent de l'image le centre d'intérêt du poème : les Parnassiens ne lui réservent, parmi les autres procédés de style, qu'une place restreinte, ce qui les rapproche aussi des classiques.
La Personnification. — La personnification, — ■ qui mérite d'être étudiée à part, • — fait toutefois groupe avec l'image. Elle peut paraître aux yeux du poète comme une sorte de comparaison à rebours. Après avoir assimilé les yeux de la femme aimée à une fleur, le poète anime la fleur et imagine une Révolte des fleurs. H est toutefois nécessaire de distinguer, à côté de la personnification d'un être abstrait (« 0 Temps, suspends ton vol ! »), V humanisation, si je puis dire, d'un objet matériel :
Un chamois paît le bout des herbes en bois blanc Sur un rocher qui croit être très ressemblant. Le balancier gouailleur dans le bas se démène'^.
C'est ainsi que Mérat voit les « coucous » sculptés dans les montagnes de la Suisse. L'humanisation a quelque chose de plus forcé — et de plus expressif — que la personnification proprement dite.
Sous l'influence, sans doute, des littératures primitives, la personnification — qui d'ailleurs n'avait jamais été abandonnée — est un des procédés favoris de l'École parnassienne. Elle est fréquente sous la plume de l'helléniste Ménard :
O chars silencieux des heures étoilées I
Reviens sur ta route et ramène encor Les blanches visions pour jamais envolées,
La folle espérance et les songes d'or^.