‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 270 sur 324 · Sully-Prudhomme, Poésies, 1879-1888, p · texte numérisé non relu

Sully-Prudhomme, Poésies, 1879-1888, p

Que j'aime le soir relire tes vers, Lorsqu'au coin du feu chante la bouilloire^.

Coppée va plus loin ; il nous montre les vulgarités de la rue et les détritus de la cuisine :

Quand s'allunio au loin le premier réverbère,

Je gagne la grand'rue, où je puis encor voir Des boutiquiers prenant le frais sur le trottoir'-.

Grattant ton poil, montrant ta chair,

Railleur, tu faisais voir aux hommes Ce qu'ils ont de vil et de laid, Pour manger les trognons de pommes Dont leur colère t'accablait^ !

MOTS FAMILIERS ET ENFAATINS. — Ni les vocables familiers (au sens propre du mot) ni les termes enfantins ne les effraient.

L'amie du poète, pour le consoler d'ime critique d'un journal, lui

dit :

parce que l'envie Aura mordu le vers qu'une femme ravie La veille avait trouvé peut-être le plus beau, Ainsi qu'un écolier qui se plaint d'un bobo Vous nous reviendriez tout pleurants et moroses* !

Nous célébrons gaîment l'égalité scolaire.

Où les rangs sont donnés par les loyaux combats.

Sous de justes tyrans qu'ont choisis des papas^.

LOCUTIONS POPULAIRES. — Parfois ils ne reculent pas devant une locution nettement populaire :

ni la pauvreté constante, ni la mort Des troupeaux, ni le fils aîné tombant au sort

Rien n'a troublé leur cœur héroïque et chrétien®.

MOTS NOBLES. — Mais ils ne s'interdisent pas pour cela les termes qui jadis furent chers aux Phèdres et aux Jocastes — et aussi aux Voltaire

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