Sully-Prudhomme, Poésies, 1879-1888, p
Que j'aime le soir relire tes vers, Lorsqu'au coin du feu chante la bouilloire^.
Coppée va plus loin ; il nous montre les vulgarités de la rue et les détritus de la cuisine :
Quand s'allunio au loin le premier réverbère,
Je gagne la grand'rue, où je puis encor voir Des boutiquiers prenant le frais sur le trottoir'-.
Grattant ton poil, montrant ta chair,
Railleur, tu faisais voir aux hommes Ce qu'ils ont de vil et de laid, Pour manger les trognons de pommes Dont leur colère t'accablait^ !
MOTS FAMILIERS ET ENFAATINS. — Ni les vocables familiers (au sens propre du mot) ni les termes enfantins ne les effraient.
L'amie du poète, pour le consoler d'ime critique d'un journal, lui
dit :
parce que l'envie Aura mordu le vers qu'une femme ravie La veille avait trouvé peut-être le plus beau, Ainsi qu'un écolier qui se plaint d'un bobo Vous nous reviendriez tout pleurants et moroses* !
Nous célébrons gaîment l'égalité scolaire.
Où les rangs sont donnés par les loyaux combats.
Sous de justes tyrans qu'ont choisis des papas^.
LOCUTIONS POPULAIRES. — Parfois ils ne reculent pas devant une locution nettement populaire :
ni la pauvreté constante, ni la mort Des troupeaux, ni le fils aîné tombant au sort
Rien n'a troublé leur cœur héroïque et chrétien®.
MOTS NOBLES. — Mais ils ne s'interdisent pas pour cela les termes qui jadis furent chers aux Phèdres et aux Jocastes — et aussi aux Voltaire