Ibrovac, op. cit., p
L'indocile troupeau des chè^Te3 aux poils lisses
De son lait parfumé va remplir les éclisses
(Leconte de Lisle, Poèmes antiques, p. 221, Thestylis).
Holà, maudits enfants !
D'ailleurs, là-bas, du fond des chaumes qu'il étrape.
Le colon vous épie,
(Heredia, Trophées, p. 65).
J'ajoute airée (Heredia, Trophées, p. 48, Le Laboureur) ; vernal {/</., p. 47, U Esclave) ; glandée (Lemoyne, Poésies, p. 230).
Noms d'arbres : cyca (Bouilhet, Œuvres, p. 116) ; sophora (Lemoyne, Poésies, p. 76) ; thuya (A. France, Poésies, p. 40). — Noms de plantes : criste (Lemoyne, Id., p. 86) ; nymphéa (A. France, Id., p. 11, p. 41) ; lupin (Heredia, Tropliées, p. 58) ; hyacinthe, souchet (Leconte de Lisle, Poèmes antiques, p. 241 ; Symphonie). Dans la Révolte des Fleurs, de SuUy-Prudliomme, je note la série :
Clématites et liserons.
Aubépines, iris, éclaires.
Joubarbes et pariétaires
(Œuvres, 1S72-1S7S, p. ISO).
Ne gardons que le nécessaire, Les étamines, le pistU
{Id., p. 168).
coles les noms d'arbres, de plantes et d'animaux : Heredia en emploie beaucoup, Leconte de Lisle en offre quelques-uns. Lemoyne semble s'intéresser aux termes de costume^ ; Anatole France accumule des mots maritimes 2 : cet amour des choses de la mer explique-t-il les veilles que M. Bergeret a consacrées à son Virgilius nauticus? Les termes de métier ne sont pas communs^ ; les vocables apportés par la politique sont encore plus rares*. Quelques termes isolés sont empruntés à la langue militaire'', à l'équitation^, au vocabulaire de la bouche'. Des dépouillements complets augmenteraient considérablement ces listes, mais ne modifieraient sans doute guère la proportion des diverses techniques.
Quant aux écrivains, il n'est pas douteux qu'Heredia ne fournisse la liste la plus importante (proportionnellement à la longueur de son œuvre) et la plus curieuse.
TERMES PHILOSOPHIQUES. — J'ai étudié plus haut la poésie philosophique et la poésie scientifique des Parnassiens. Quelques termes de philosophie et de science, qui se rencontrent dans des poèmes de caractère général, sont en quelque sorte passés dans la langue courante de la poésie : je les laisse de côté, pour ne considérer que les termes techniques proprement dits.
Est-ce la faute de Sully-Prudhomme? Devons-nous accuser la philosophie elle-même? Des termes tels que réminiscence, similaire — et les idées qu'ils expriment ■ — me paraissent destructeurs de toute poésie :
Nos vers prennent souvent naissance D'une impression qui, soudain, Provoque une réminiscence Par quelque appel proche ou lointain*.
L'horizon verse en nous l'allégresse ou l'ennui, Le monde intérieur se teint du jour solaire : Le climat laisse empreint son vivant similaire Dans l'âme et le roseau qu'elle a pour frêle étui*.
1. Madras [Poésies, 1855-1870, p. 94) ; cerceau [Ici., p. 69, 77) ; barège (Id., p. 76) ; mérinos, jiloselle (Id., p. 74 ; ces derniers dans La Veiwe).
2. Hunier [Poésies, p. 14) ; lofer [Id., p. 46) ; calfater [Id., p. 30).
3. Lampassé (A. France, Poésies, p. 91) ; outrager (Dierx, Œuvres, t. II, p. 149).
4. Budget (Sully-Prudhomme, Œuvres, 1879-1888, p. 112) ; unanimité [Id., p. 122).