Id., p
Ménard, en revanche, a pu introduire dans ses vers — et à la rime — métempsychose et transmigration :
Le présent est plein d'odieuses choses, L'avenir est morne et désespéré ; Si l'on peut choisir ses métempsy choses. Ce n'est pas ici que je renaîtrai i.
Dans la sphère du nombre et de la différence, Enchaînés à la vie, il faut que nous montions, Par l'échelle sans fin des transmigrations, Tous les degrés de l'être et de l'intelligence^.
Ces vers, d'une remarquable fermeté de pensée et d'une parfaite simplicité de lignes, dissimulent sous une froideur apparente des sentiments d'une extrême violence. Nous le sentons, et notre attention ne se porte pas exclusivement sur le vocabulaire.
Transmigration et métempsychose sont d'ailleurs des mots plus généraux que réminiscence ou similaire, termes d'une étroite technicité, sans aucune résonance et qui sont de plus doublés, dans la langue commune, par « mémoire» et « semblable», ce qui les relègue dans les langues « spéciales ». M™^ Ackermann, poète-né, n'a usé de termes philosophiques que dans ses titres^ : ses vers, de caractère sentimental, conservent toute leur fraîcheur.
Catulle Mendès, dans son poème swedenborgien, Hespérus, offre un certain nombre de termes particuliers. Le vocabulaire de Swedenborg, en partie hébraïque, en partie original, ne manque pas de couleur, et les avatars d'Hespérus offraient, pour un poète plus artiste que n'était Mendès, une belle matière :
Sous l'éphod que la règle hyménéenne assigne, Elle avait dans les yeux l'inextinguible éveil*.
— Qui m'envoie ?
— Le rémunérateur de l'espoir par la joie, Le Trinôme- Jésus, seigneur des univers^.
TERMES SCIENTIFIQUES. — Les vocables des diverses sciences, plus ou moins concrets, se prêtent beaucoup mieux à l'expression poétique