‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 29 sur 324 · Lég., Le petit Roi de Galice, v · texte numérisé non relu

Lég., Le petit Roi de Galice, v

3. Toute la Lijre, t. II, p. 8. Date : Cauterels, 8 août. — Victor Hugo se trouvait à Cauterets en 1843 ; cette dernière strophe a sans doute été refaite à une date postérieure.

4. Cont., VI, VI ; Pleurs dans la nuit. Date éd. : avril 1854 ; ms. : 25-30 avril 1854. — Cf. Odes et Ballades, Ballade XIII, La Légende de la Nonne :

la nuit...

Change à l'horizon fantastique Les deux clochers en deux géants.

Dans le Livre lyrique des Quatre Vents de VEsprit, le poème intitulé En marchant la nuit dans un bois (XXI) est un bel exemple de déformation nocturne de la réalité.

Le poète fait aussi appel au rêve :

L'Océan semble un rêve éblouissant où nage L'écaillé de la mer, la plume du nuage, Car l'océan est hydre et le nuage oiseau^.

Mais Hugo présente aussi sa vision directement. Il nous montre le Chêne des États-Unis d'Europe :

Que l'hiver, lutteur nu, tronc fier, vivant squelette, Montrant ses poings de bronze aux souffles furieux, Tordant ses coudes noirs, il soit le sombre athlète D'un pugilat mystérieux-.

Il est plus étonnant d'évoquer Kanut, tout blanc dans son linceul de neige, marchant vers l'éternité :

Il entra, par delà l'Islande et la Norvège,

Seul, dans le grand silence et dans la grande nuit ;

Derrière lui le monde obscur s'évanouit ;

Il se trouva, lui, spectre, âme, roi sans royaume.

Nu, face à face avec l'immensité fantôme ;

Il vit l'infini, porche horrible et reculant

Où l'éclair quand il entre expire triste et lent ;

L'ombre, hydre dont les nuits sont les pâles vertèbres ;

L'informe se mouvant dans le noir, les Ténèbres ;

Là, pas d'astre; et pourtant on ne sait quel regard

Tombe de ce chaos immobile et hagard ;

Pour tout bruit, le frisson lugubre que fait l'onde

De l'obscurité, sourde, effarée et profonde ^.

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