‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 293 sur 324 · Béranger, p · texte numérisé non relu

Béranger, p

2. Je mets à part Louis Ménard, qui, condamné au lendemain des Journées de Juin, passa trois années à Londres dans l'exil. Son éloquence, dans les sujets contemporains, ne manque ni de sincérité ni de force :

Vous serfs de tout pouvoir, automates stupides.

Bourreaux au meurtre condamnés Qui tournez sans remords vos armes parricides

Contre vos frères encliaînés,

Et vous vils trafiquants, race basse et rampante.

Qui dans ces jours maudits alliez Soûlant d'or et de vin la horde rugissante

Des égorgeurs stipendiés.

Loin d'ici ! vous souillez l'air pur de la patrie,

Déjà terrible et menaçant.

Le peuple est là qui veUle : oh fuyez, qu'il oublie

Que le sang seul lave le sang

{Poèmes et Rêveries, p. 251-252).

Le cas du vicomte de Guerne est tout différent. Parnassien de stricte observance, mais artiste peu original, de Guerne a emprunté à Victor Hugo le mouvement oratoire d'un certain nombre de ses poèmes (Les Flûtes alternées, p. 241, 255, 259, etc. ; Bois sacré, 192- 194, 206-207, 212 et suiv.).

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