Ackermann (M™*), Œuvres, p
Dans un sommeil sans fin, ô puissance éternelle ! Laisse-nous oublier qu»; nous avons vécu^.
C'est un Parnassien de second ordre qui, en février 1871, après la signature de rArniistice, exhale un désespoir d'ailleurs sincère avec une abondance d'interrogations et d'exclamations que l'on peut juger excessive :
O nuit ! qui donc s'en va? Qui nous quitte? — O silence !
Qui donc râle? Qui donc est mort?
Liberté, gloire, orgueil du drapeau sur sa lance, Qu'êtes-vous devenus aux rafales du Nord?
Liextinguible amour ! Aïeule ! idolâtrie
Des morts fameux ! O P'rance ! héritage sacré !
Berceau ! Terre sainte ! ô Patrie !
O Christ des Nations par vingt Judas livré ^ !
Dans un récit «antique» particulièrement émouvant, c'est avec la plus grande discrétion que Leconte de Lisle fait usage de l'accumulation et de la répétition oratoires :
Le lâche qui s'enfuit, la vieillesse, l'enfance. Et la vierge au corps blanc qu'un fer cruel offense. Tout ! cris, soupirs, courage, ardeur, efforts virils, Tout proclame l'instant des suprêmes périls-'.
Toutefois un type de phrase à la fois oratoire et archaïque s'est développé dans les vers des Parnassiens, l'exclamation introduite par un subjonctif sans « que» :
Croupisse donc cet astre et le monde avec lui* !
La phrase parnassienne, qui est bien caractéristique, doit donc peu de chose, en général, aux procédés de la rhétorique traditionnelle. Ce qui lui donne sa résonance particulière, si je puis dire, c'est le rythme^.