Rhamsès. - — Dierx, Œuvres, t. I, p
Là-bas, dans le golfe aux ourlets d'écume, Les bruits de la mer, comme ils sont légers^ !
Au contraire, Vadjectif détaché, encadré ou non de virgules, se place à n'importe quel endroit de la phrase :
Tranquille, il aspirait l'âcre senteur de l'herbe^.
Nuit lugubre. Parfois un éclair violet.
Bref, comme un coup de fouet, cinglait les vastes ombres :
Alors le long Volga, fugace, étincelait^.
De mes serres d'airain et de mon bec de fer
Je fis pleuvoir sanglants des lambeaux de sa chair*.
La phrase a « anticipation ». — Un procédé assez frappant consiste à présenter un adjectif ou un participe avant le nom auquel il se rapporte. L'auteur pose au lecteur une sorte de devinette dont la fin de la phrase apporte la solution.
Puis, en un vol muet, sous les bois recueillis.
Insensiblement la nuit douce Enveloppa, i^êtus de leur gaine de mousse,
Le3 chênes au fond des taillis*.
Dans l'air inviolable, immense et pur, jeté.
Je crois entendre encor le cri d'un homme libre^ !
La phrase a «suspension»'. — La «suspension» est un procédé assez voisin de l'anticipation. Dans l'exemple qui suit, le sujet les hommes appelle un i'erbe ; ce verbe, avec le complément essentiel {pour la lointaine escale)^ est rejeté tout à la fin de la phrase :
Les hommes, pères, fils, maris, amants, là-bas. Avec ceux de Paimpol, d'Audierne et de Cancale, Vers le Nord, sont partis pour la lointaine escale^.
Les «suspensions» sont particulièrement fréquentes dans les vers de Heredia. Souvent les deux tercets d'un sonnet ne forment qu'une