‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 304 sur 324 · Id., Poèmes antiques, p · texte numérisé non relu

Id., Poèmes antiques, p

7. Heredia écrivait à Leconte de Lisle pour lui demander, en remplacement de immense, un adjectif commençant de préférence par un i; toutefois, «s'il était absolument sublime», il passerait sur l'a, l'e ou l'u (Lettre du 22 août 1881, dans Ibrovac, op. cit., p. 299).

harmonie résulte le plus souvent d'un accord, parfois inconscient, entre « l'oreille » et le sentiment intime du poète. Des écoles poétiques se sont ingéniées à accumuler des i ou des ou, des r ou des l, des /, des v et des b : les Parnassiens avaient trop le souci de la dignité de leur art pour s'amuser systématiquement à de pareilles bagatelles.

Jeux de consonnes et de voyelles. — L'allitération, chère aux anciens poètes latins, mais populaire aussi au moyen âge (« gros et gras », «monts et merveilles»), n'est pas employée par les Parnassiens pour sa valeur musicale ; elle souligne et renforce l'idée ou le sentiment :

Que ne suis-je un Pénate ou même un simple Lare

Domestique, repeint, repu, toujours hilare,

Gorgé de miel, de fruits ou ceint des fleurs d'avril^ !

Fuis la /tonte et i'/iorreur de vieillir les mains vides^.

Ce n'est qu'exceptionnellement, et sans doute par imitation de Baudelaire, que l'on trouve dans les vers parnassiens des recherches proprement musicales. Je note, en particulier, certaines répétitions :

Sans désirs, pendant la nuit dangereuse,

Ils marchaient, si seuls, dans l'allée ombreuse,

Vierges, l'un de l'autre écoutant la voix,

Et puis regardant la lune onduleuse,

La lune onduleuse et les fleurs des bois.

Oh ! vivre un seul jour des jours d'autrefois^ !

Peut-on, outre le jeu des consonnes et des voyelles, reconnaître dans ces vers un mouvement de valse?

L'harmonie imitative. — ■ Quand l'occasion se présente, des poètes aussi curieux de tous les procédés de style que les Parnassiens ne pouvaient négliger l'harmonie imitative. C'est ainsi que Heredia fait

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