IJg., Le petit Roi de Galice, v
LE yoM. — Hugo use librement du singulier et du pluriel. Il emploie ossements décomhre au singulier^. En revanche il écrit audacieusement des suifs, des savons, des algèbres :
Cet homme est le bourgeois des siècles oi'i nous vivons. Autrefois il vendait des suifs et des savons, Maintenant il est riche.... .^.
Savons n'est pas nécessairement amené par la rime. Il est beaucoup plus expressif que savon. Il y a des variétés de savon, et il faut en vendre beaucoup pour s'enrichir.
Pâle, ivre d'ignorance, ébloui de ténèbres. Voyant dans l'infini s'écrire des algèbres, Le contemplateur, triste et meurtri, mais serein, Mesure le problème aux murailles d'airain ^.
Perpétuités appartient à une autre catégorie ; de même qu'on dit des charités, on peut dire des perpétuités (des concessions à perpétuité) :
Vos catacombes ont des perpétuités
Pour ceux-ci, pour ceux-là des répits limités*.
Il emploie un nom abstrait avec la valeur d'un concret : « un orgueihy pour « un orgueilleux ».
Quand on retrouvera dans la boue d'un égout le président Dupin, personne ne le reconnaîtra ; l'Histoire dira :
On ne sait ce que c'est. C'est quelque vieille honte Dont le nom s'est perdu !
{Chat., éd. Ollendorff, p. 71.)
Des «adverbes» sont employés avec la valeur de noms :
Ne doutons pas. Croyons. Emplissons l'étendue De notre confiance humble, ailée, éperdue. Soyons l'immense Oui^.
0 deuil, qui passe là ? C'est un cercueil qu'on porte
Ils le portent aux vers, au néant, à Peut-Être^.
1. Cont., éd. Vianey, t. III, p. 466, v. 596. — Décombre est à la rime.