‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 46 sur 324 · Id., V · texte numérisé non relu

Id., V

Il substantifie des locutions adverbiales :

Ils ont vu sur leurs fronts, eux parias sans nombre, Le côte-à-côte affreux des deux spectres dans l'ombre^.

Il jongle avec les noms adjectivés et les adjectifs substantivés.

L'esprit humain n'est pas moins aquilon que vous^,

dit Hugo aux vents. Il nous décrit

Les cent coupe-jarrets à faces renégates^.

Et, en revanche :

II hait les amoureux et les intelligents'^.

En particulier, il transforme en noms des adjectifs verbaux :

Dieu, c'est le grand aimant^.

Et partout nos regards lisent, Et, dans l'herbe et dans les nids, De petites voix nous disent :

Les aimants sont les bénis®.

Les pâles nations regardent dans le gouffre, Et ces grands suppliants, pour le tyran qui souffre T'implorent'.

Aimant signifie autre chose qu^ amant, ou amoureux, et suppliants prend aussi une valeur spéciale.

L'ADJECTIF. — Hugo affecte de construire directement à côté du nom un adjectif attribut ; la diction détache l'adjectif et par là même la souligne :

Tiphaine monstrueux bondit dans la clairière^.

La Satire :

Dans ces banquets mêlant Paphos, Clamart et Gnide, Elle apporte sinistre un rire d'euménide^.

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