Lég., Jour des Rois, v
nous pouvons nous représenter la vision d'où est sortie l'image ; une sensation auditive explique que les flammes soient comparées à des moustiques^. Mais quand Hugo écrit :
Les arbres pleins de vent ne sont pas oublieux^.
il nous faut, pour comprendre oublieux, faire appel à des considérations supra-sensibles : l'arbre est souvent, dans l'esprit de Hugo, un sage qui médite.
Quand Victor Hugo s'amuse, l'image prend un caractère particulier de fantaisie visionnaire : absurde au premier abord ^, la comparaison rejoint les correspondances de Fourier.
On a classé matériellement les images visionnaires de Victor Hugo : la personnification (ou mieux, l'humanisation) de l'orme serait de l'hylozoïsme. Les minéraux sont « végétalisés », les végétaux « animalisés», etc., etc. En fait, l'espèce de panthéisme (en donnant à ce mot son sens le plus vague) qui est la conception du monde de Hugo assimile les minéraux, les végétaux, les animaux et l'homme : tout est dans tout. Hugo d'ailleurs plaisante quand il écrit :
Au cinquième étage d'un chêne
Qu'Avril vient de repeindre en vert
(Chansons, p. 215.)
H est plus intéressant d'étudier la présentation de l'image visionnaire, et sa valeur expressive.
PRÉSENT ATioy DE L'IMAGE VISIONNAIRE. — Le manuscrit du Post- Scriptum de ma Vie conserve (p. 635) un exemple du soin avec lequel Hugo présentait ses images. Sa vision primitive avait été :
« Ces immenses éboulements de terre qui formaient les gencives du rocher. »
H reprend sa phrase :
Ces immenses éboulements de terre d'où
la dent de Morcle sort ;
, , . . comme d une gencive.
le rocher sortait )