Id., Le Satyre, v. 297. — Cf
Interroges-tu l'onde? et quand tu vois des arbres, Parles-tu quelquefois à ces religieux ?
Cont., éd. Vianey, t. III, p. 442, v. 128-129 (date éd. : 1855; ms. : 1854).
3. Id., Jour des Rois, v. 131-137. GésufaI, ce roi gai comme les démons, disait :
Dansez, peuples ! J'ai deux royaumes dans ma main, Aragon- et Léon sont mes deux castagnettes.
Notons que Hugo n'a pas osé prendre l'image à son compte.
Il a essayé de donner à sa vision une forme aussi expressive que possible.
Deux tendances principales sont à noter dans la présentation de l'image visionnaire : la recherche de l'impressivité et le souci de ne pas choquer le lecteur.
Hugo est hanté par un désir de concision^. Parfois l'image apparaît brusquement, sans la moindre préparation, dans un mot jeté comme au hasard dans la phrase :
Pourquoi sous l'immense suaire
De l'infini Enfouir vos lois éternelles
Et vos clartés'".
Hugo juxtapose, en les assimilant par l'emploi du verbe être, les deux termes de la comparaison :
Quand le harem est prince et l'échafaud ministre ^.
Ou bien il use de l'apposition :
la feuille de figuier,
Pourpoint du père Adam*.
Les flots, ces liquides aciers^.
Mais son procédé favori est le nom composé (qui, d'après Armand de Pontmartin, donne à la poésie un petit air de charade et de logogriphe). Les exemples en sont innombrables. Le lépreux est une chenille :
Le lépreux, ce fantôme chenille
[Lég., t. I, p. 221 ; Jour des Rois, v. 70).
Parfois le second des deux noms équivaut à un adjectif : la royauté grue symbolise des princes féroces, la royauté soliveau des princes
bonasses :
La royauté grue Monte sur le roi soliveau
[Chansons, liv. I, v, ii, 1, v. 39-40).
1. « On n'est jamais trop concis. La concision est de la moelle. Il y a dans Tacite de l'obscurité sacrée Concision dans le style, précision dans la pensée, décision dans la vie» (Hugo,
Post-Scriplum, p. 513 [1863-1865]). — Hugo développe en sept lignes tout ce qu'il y a dans l'image de Saint-Simon : « On le bombarda mestre-de-camp » [Id., p. 521 [1835-1 848j ).
2. Cont., éd. Vianey, t. III, p. 184, v. 7-8 (date éd. : janv. 1853 ; ms. : 24 juillet 1854).
3. Id., p. 27, V. 245 (date : 1846, recopié en 1854). ■ — Comprenons que ce sont les femmes qui commandent et que la moindre désobéissance est punie de mort.