‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 60 sur 324 · Lég., Jour des Rois, v · texte numérisé non relu

Lég., Jour des Rois, v

Dans un recueil de fantaisie plaisante, Hugo crie à Pégase :

Fuis dans l'azur, noir ou vermeil, Monstre, au galop, ventre aux nuages^ !

Je joins à ce procédé celui de «l'attelage» :

Ce rhéteur, ver de terre et de lettres ^.

Ces procédés peuvent être comptés parmi les plus impressifs.

Les procédés « bibliques». — Hugo use avec discrétion des types bibliques et évangéliques bien connus : « Dieu de majesté», «jour de colère » :

Je suis l'être d'infirmité^.

A côté de l'évangélique « homme de peu de foi», il crée : «homme de peu de pleurs»*.

Il faut joindre à ces emplois un certain nombre de traductions : Hugo a médité sur les « pouvoirs de la traduction»^. Les traductions servent, dit-il, « d'abord à la conservation, puis à la transformation des langues». La traduction est donc pour lui autre chose qu'une citation pittoresque. Composant les Châtiments, il écrit à Louise Colet : « J'ai forgé ces vers sur la vieille enclume de Juvénal et d'Isaïe, je les ai bourrés de foudre, je les ai trempés dans tout ce que la justice a de plus implacable et de plus sinistre.^»

Voici un emprunt à Jérémie :

Sombre fidélité pour les choses tombées,

Sois ma force, et ma gloire, et mon pilier d'airain'.

Conclusion. — Hugo se compare à un forgeron (jadis Musset, critiquant les abus de la rime riche, avait lancé le mot de menuisier).

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