Jggdrasill, cité Le Temps, 26 juin
6. Lettre du 19 mars 1854 (Simon, Revue de France, 15 mai 1926, p. 237).
7. Chat., VII, XVII, Uliima Verba, v. 47-48. — Ego quippe dedi te hodie in civitatem munitaiii, et in columnam ferream, et in murum aereum {Jérémie, I, 18). — Dans Bièvre [Feuilles d'automne, XXXIV, i, v. 20-24), Hugo s'est amusé à emprunter à Isaïe une image assez extraordinaire. Le prophète avait écrit (chap. 40) : « Dieu qui a suspendu les cieux comme une toile, et qui les étend comme un pavillon qu'on dresse pour se retirer. » Hugo paraphrase et embellit :
Les profondeurs du ciel toutes grandes ouvertes. Le ciel, bleu pavillon par Dieu même construit. Qui, le jour, emplissant de plis d'azur l'espace. Semble un dais suspendu sur le soleil qui passe. Et dont on ne peut voir les clous d'or que la nuit.
L'un et l'autre sont injustes. Hugo, personnalité puissante, a employé tous les moyens que la tradition lui offrait i)Our agir sur le lecteur, et il les a perfectionnés : c'était son droit ; aujourd'hui encore, on retrouve chez les surréalistes nombre des procédés de la rhétorique visionnaire. Mais il n'est pas douteux qu'il n'ait eu trop de prédilection pour certains tropes — les plus violents et les plus brutaux — et qu'il n'en ait abusé, nuisant ainsi à la valeur expressive de son style et déconsidérant en même temps ses procédés favoris.