‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 63 sur 324 · Chansons, Au Chei>al (Epilogue), v · texte numérisé non relu

Chansons, Au Chei>al (Epilogue), v

sur une coupe qui détache, dans une intonation différente, un vers de conclusion «immense» (il s'agit de Végout de Rome) :

Et l'immonde univers y filtre goutte à goutte^ ;

tantôt c'est par une image frappante que la phrase se termine :

Sur Milan, sur Vienne punie, Sur Rome étranglée et bénie, Sur Pesth, torturé sans répit, La vieille louve Tyrannie, Fauve et joyeuse, s'accroupit^.

La phrase de récit. — Hugo laisse quelquefois la parole à un tiers. C'est l'oncle Louis qui conte à des petits enfants la bataille d'Eylau :

Une bataille, bah ! savez-vous ce que c'est ? De la fumée. A l'aube, on se lève, à la brune On se couche, et je vais vous en raconter une. Cette bataille-là se nomme Eylau ; je crois Que j'étais capitaine et que j'avais la croix ; Oui, j'étais capitaine^.

Les phrases sont hachées, coupées d'interjections, avec les silences, les reprises, les changements d'intonation caractéristiques du « discours parlé ».

Le plus souvent, Hugo use de la phrase littéraire traditionnelle et emploie les procédés habituels. La nuit du 2 décembre est pour lui un événement A'écu :

Cette nuit-là Paris dormait, hélas ! et bientôt, sur les places.

Sur les quais, les soldats, dociles populaces

Vinrent, le régiment après le régiment,

Et le long des maisons ils passaient lentement ;

Et la nuit était morne, et Paris sommeillait Comme un aigle endormi pris sous un noir filet*.

La phrase de récit se rapproche alors de la phrase oratoire.

La description visionnaire. — La phrase, très longue, se réduit parfois à une simple accumulation de détails «visionnaires» :

Là, tout tremble ; au-dessus de la ronce hagarde. Le mont, ce grand témoin, se soulève et regarde ; La nuit, les hauts sommets, noyés dans la vapeur. Les antres froids, ouvrant la bouche avec stupeur,

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