Commentaire des Odes funambulesques
6. Méditation poétique et littéraire, Odes funambulesques, p. 269.
LES TONS. — Banville use surtout de la parodie^. Il fait du néoclassique :
...fier de vous faire une chaîne, Votre chapelet noir qui traîne Redit son madrigal d'ébène Aux blancheurs de votre bras nu-.
Votre Lydie est morte !
Morte ! Pourtant la fièvre aux haleines fatales N'a pas mis le trésor de ses jeunes appas
Sur un lit de douleur^.
C'est, parfois, le savoureux mélange d'une noblesse outrée et d'une simplicité affectée, que le voisinage fait paraître triviale. Le critique en mal d'enfant, « le front chargé d'ennuis », contemple
Les clous de diamants sur le plafond des nuits*.
Banville voudrait bien trouver un appartement dans les environs du Luxembourg :
Oh ! lorsque aux bords aimés l'ancre à la forte dent
Mordra, si je reviens entier, sans accident,
Du char jaune-serin des postillons hilares,
C'est dans ce quartier-là que dormiront mes Lares ^.
Enfin Banville parodie des écrivains célèbres. Hugo est nettement visé par le titre Occidentales^ ; il s'en est amusé, et c'est justice. Une pensée sérieuse s'exprime dans une image « triviale» :
Le malheur est un grand paletot Qu'endosse tour à tour chaque homme ".
Enfin Banville, dans la Préface des Stalactites, signale au lecteur qu'il a imité des chansons populaires. Il n'est pas aisé de définir exactement ce que c'est qu'une chanson populaire, et il est moins aisé encore de préciser ce que Banville entendait par ce mot : toutefois l'intention est à noter, et, sur ce point, Banville fera école.