Odes fun., p
7. Poésies, p. 53. — Voyez Fuchs, op. cit., p. 445 et n. 2. Il faut s'entendre sur le sens du mot « trivialité ». Ce qui fait la valeur artistique de Banville, c'est justement qu'il n'est pas à proprement parler « trivial » ; ses « trivialités » ne sont pas des fausses notes, mais des dissonances.
VOCABULAIRE. — Les procédés de versification étant hors de notre domaine, le trait qui caractérise la langue comique de Banville est à peu près uniquement ce qu'il a appelé « la virtualité des mots».
Le vocabulaire de Banville est très riche : Hugo, drapé dans sa dignité, n'a jamais osé appeler le cochon par son nom, tandis que tout est permis au comique.
ARCHAÏSMES. — Banville puise ses archaïsmes un peu partout. La Villanelle des pauvres hoiisseurs évoque le xvi^ siècle^. Mais la plupart des termes vieillis datent du xvii^ siècle. Banville écrit systématiquement monnayer : Thérèse « monnaie le néant, escompte le brouillard, et vend le diable caché au fond des bourses vides m^.
Je m'aperçois enfin que l'argent inonnoyé S'applique à différents usages*,
s'écrie Banville.
Derechef {Odes funamb., p. 246) est partout chez les classiques ; Regnard l'emploie après Molière ; il appartient à la langue traditionnelle de la comédie. — Tirez, adressé à un chien, au sens de « Hors d'ici», est resté célèbre grâce à Racine^. Patte-pelue {Odes fun., p. 252) est dans La Fontaine, et matassin {Id., p. 221) dans Monsieur de Pourceaugnac. Adorné" fait partie de ces mots d'ancien français que théoriciens et écrivains avaient réussi à remettre à la mode {adarnemetit est dans le Complémetit du Dictionnaire de F Académie de 1842) :
en levant les yeux, je verrais sans conteste Un visage adorné d'un éclat non pareil, Un front d'ivoire mat et des yeux de soleil ^.
Aucun de ces mots n'est capable de dérouter ni même de surprendre le lecteur qui a fait ses classes.
MOTS RARES. — Comme Gautier, Banville recherche les mots rares, pourvu qu'ils soient harmonieux et sonores. Il emprunte céruléen à Chateaubriand :
Tes limpides regfirds céruléens' .
1. Odes (un., p. 239. La villanelle est une chanson villa'reoise. II. D. T. ignore liousseur, qui est dans Boiste : « celui qui housse, qui balaie avec un balai de houx ».