‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 75 sur 324 · Les Exilés, éd. Charpentier, t. II, p · texte numérisé non relu

Les Exilés, éd. Charpentier, t. II, p

Il fait rimer armoriai avec impérial :

A vous mes étoffes de soie A vous mon luxe armoriai Et ma lumière qui flamboie Comme un palais impérial*.

Extases et topazes amènent chrysoprases :

J'aime pour mes extases Les feux des chrysoprases, Les rubis, les topazes -.

Mais Banville ne se risque pas à créer des néologismes. D'après M. Fuchs {op. cit., p. 445, n. 1), les néologismes n'apparaissent daris ses articles de journaux qu'à partir de 1880 : Banville se conformait évidemment alors à la mode régnante.

MOTS « VULGAIRES». — Je prends ici « vulgaire» dans un sens spécial. Urne est « poétique» ; chaudière est acceptable en vers ; casserole est nettement antipoétique ; il éveille des images trop précises à la fois et trop matérielles ; sa sonorité contribue encore à le « déclasser» ; il fait en quelque sorte tache dans un vers ; il est « vulgaire ».

Divan est noble ; divan de Perse est mieux encore ; des cordelettes viennent tout gâter.

Tout chez elle est parfait pour l'amour idolâtre.

De bons divans de Perse avec des cordelettes Et de lourds oreillers^.

M. de Suttières, dans une feuille ingénue {Le Figaro), Par son style auvergnat charme les culottières'^ .

Cordelette, culottière évoquent la boutique de l'artisan comme casserole évoque l'outillage culinaire ; sucre candi est enfantin :

J'ai mangé du sucre candi Dans les feuilletons du lundi :

Ma bouche en est encor amère^.

Page 1