‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 86 sur 324 · Id., p. 307. — Abréviation de cabotin · texte numérisé non relu

Id., p. 307. — Abréviation de cabotin

Canard est de Targot de journaliste :

Et, publiciste heureux que nous admirions tous, Il se replongeait dans son canard à trois sous^.

Enfin birbe me paraît de l'argot tout court, du vrai de vrai :

Il faut, du bout de ta bottine,

Envoyer chez les égoutiers

Les birbes morts en Palestine

Et les deux cent dix-huit quartiers-.

Archaïsmes et Néologismes. — C'est en lisant Ronsard que Glatigny a eu la révélation de la poésie et s'est senti poète. Il en a gardé le goût de l'archaïsme discret.

Les exemples sont nombreux et jolis : charmeresse^, crespeler :

Dans ses cheveux hardis tombés, des brins de paille Les crespelaient cncor *.

Tourmenteur est aussi un mot du xvi^ siècle^ ; décheveler est même plus ancien^. Parler phébiis"^ , Gilles et Pasqiiins sont plus tardifs; vipère assassine «fait xviii^ siècle^»:

Cette vipère assassine, Qui jusqu'à toi s'est fait jour.

Et dont l'œil froid te fascine.

Imbécile ! c'est l'Amour^ !

Un emploi de cependant que^^ prouve une réelle connaissance de la langue classique, ainsi que la construction vieillie de se goberger, au sens de « s'amuser de quelqu'un » :

C'est la servante de l'auberge Qui braille là, tout à côté :

Le soir, un peuple s'y goberge De fins matois mis en gaîté".

1. ŒiH'res, p. 232. — Il s'agit d'Adolphe Guéroult, directeur de La Patrie, admirateur d'Edmond About. — Lorédan Larchey, éd. de 1865, connaît canard, « récit mensonger inséré dans un journal », « fausse nouvelle », « imprimé banal crié dans la rue comme nouvelle importante ». Le « canardier n fabriquait des « canards ».

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