‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 88 sur 324 · Id., p · texte numérisé non relu

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Glatigny, qui use en amateur éclairé de l'abondant vocabulaire accumulé par les Hugo et les Gautier, nous permet de mesurer l'importance et l'utilité des enrichissements dont le vocabulaire poétique a profité pendant près d'un domi-siècle de romantisme.

Procédés de style. — C'est dans l'emploi des procédés de style qu'apparaît le manque de puissance créatrice de Glatigny.

II construit les verbes impersonnels avec des sujets ; il introduit des tournures latines, emploie adverbialement des prépositions :

Le mardi ramenait le feuilleton lyrique

Où pleui'aient tristement les phrases de ChadeuiP.

Dans ce grand sac en toile usée Un curieux découvrirait, Après l'enveloppe brisée, Plus d'un mystérieux secret^.

Je sais depuis longtemps les syllabes magiques Qui peuvent sur le sable élever un palais, Et je te dompterais avec, si je voulais ^.

Tout cela reste banal.

Attelages, métaphores, personnifications, laissent la même impression de médiocrité :

Laisse gazouiller ta voix enfantine.

Je ne clorai pas d'un rire moqueur Ta lèvre pareille aux fleurs d'églantine ; Laisse bavarder ta tête et ton cœur* !

Comme un autre dans sa joie, Je marche dans ma douleur.

Cueillant au gré de la voie L'ortie aiguë ou la fleur*.

A voir une fine taille Passer en mantelet blanc, Le chêne même tressaille, Et l'orme devient galanf^.

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