‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 90 sur 324 · POMMIER · texte numérisé non relu

POMMIER

Le poète. — Glatigny est une manière de classique et l'on pourrait, n'était sa facilité et son goût pour les acrobaties du rythme et de la rime, le ranger parmi les Parnassiens. Amédée Pommier^, lui, est un «extrémiste». Il a adopté un certain nombre de procédés dont il abuse sans pudeur ; son vocabulaire est illimité. Mais ce qui est le plus étrange chez lui, c'est la variété d'attitudes. Catholique convaincu, semble-t-il, il décrit, avec une richesse verbale qui rappelle Rabelais, un enfer caricatural et grotesque, qui prête à rire bien plus qu'à trembler. Dernier détail qui laisse rêveur l'historien de la langue, Amédée Pommier, qui intitule ses productions Livre de Sang, Assassins, Colères, a composé aussi une Découverte de la Vapeur (Prix de Poésie de l'Académie française, 1847), un Éloge d'Arnyot (Prix de Prose, 1849), et une Mort de V Archevêque (Prix de Poésie, 1849). Il y avait, chez Pommier, un poète académique doublé d'un bousingo. Nous négligerons le néoclassique. Dans la lignée de Philothée O'Neddy et du Lycanthrope, Pommier ne recule devant aucune audace, fût-elle contre le génie de la langue ou même contre le bon sens.

Les tons. — Nous avons trouvé dans Hugo des urnes et des ondes, des eaux et des chaudières ; mais l'onde bout dans l'urne, et l'eau dans la chaudière. Le procédé favori de Pommier est de faire bouillir l'onde dans la chaudière, et l'eau dans l'urne. Il interpelle les incroyants dans des vers pleins de dignité :

Fils d'Arouet et de Jean-Jacques, Cœurs par le doute desséchés

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