‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 91 sur 324 · Jd., Le Château romantique, p · texte numérisé non relu

Jd., Le Château romantique, p

3. La plupart des exemples sont empruntés à V Enfer. Le chiffre romain renvoie en même temps à la page et à la strophe (éd. Garnier, Paris, s. d., in-12).

Mais le développement s'achève sur une vision de Satan :

[Viens] dans sa marmite autoclave Servir à faire du bouillon ^ !

11 est des degrés dans la noblesse comme dans la vulgarité : Hugo n'emploie pas indifféremment les vocables chers à Garpentier et à Planche. Pommier semble avoir une prédilection pour les termes les plus caducs, les plus vieillots. Il parle de la « dextre vengeresse» de Dieu (LV), des «phalanges impures» des réprouvés (XV).

Mais c'est surtout dans la bassesse que Pommier cherche ses effets : on trouve chez lui toutes les nuances depuis le familier jusqu'au trivial.

On met dans l'huile qui bouillonne,

Ou sur un lit d'ardents tisons

L'insidieuse larronnesse

Dont les appas et la finesse

Servaient à plumer la jeunesse

Au fond des crapuleux tripots -.

Chacun, craignant qu'on ne fracasse Ou sa caboche ou sa carcasse Cherche dans la foule un abri ^.

Maint diable au rire strident.

Tiraillant chaque misérable.

D'un dard lui chatouille le râble, Ou, d'une main inexorable, Lui plante aux côtes son trident*.

Soudain, un démon, l'épiant.

Ecrase ses doigts et les brise, Et lui dit : « Hein, ça te défrise ? »^

Pommier ne cherche pas seulement à marier des termes bas et des termes nobles ; il groupe, et ceci est plus grave, des locutions poétiques et des mots scandaleusement prosaïques.

Courtiers d'amour, cœurs malhonnêtes, Appareilleurs et proxénètes.

Venez, comme des crépinettes, Frire sempiternellement^ !

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